Etude linéaire de Colette, Sido P89 - Le Capitaine
Problématique : Comment Colette dresse-t-elle le portrait d’un père aimé et aimant mais qui paraît étranger ?
Mouvement 1 : Un homme mystérieux (l 351 - l361)
“nous” -> Colette débute le portrait de son père par l’évocation du duo qu’ils formaient -> image de son père associée à des souvenirs à deux -> comme s’ils formaient une équipe ->tous deux admiratifs de Sido
“Mon père” -> Ne désigne jamais ce personnage par son prénom -> semble l’anonymiser -> impression d’un fantôme, d’un personnage sorti de son imaginaire -> comme si son père était un mythe
“fredon défensif” -> Homme qui ne se laisse pas approcher, personnage solitaire et rêveur -> chante pour ne pas avoir à affronter la vie du village
“l’air heureux était notre suprême et mutuelle politesse” -> Expressions qui éloignent l’image du père de l’intimité de Colette -> impression d’un inconnu -> comme si tous deux jouaient un rôle -> accentue cette impression d’un homme fantôme dont le souvenir flotte sur Colette -> elle admire tellement cette image paternelle que cela l’empêche de s’en rapprocher
“est-ce que tout, autour de nous, n’était pas aussi grave et aussi tremblant que nous-mêmes?” -> Le souvenir et la description de son père amènent Colette à se poser des questions métaphysiques -> duo formé par Colette et son père grave et tremblant? -> comme si l’équilibre parfait de leur relation familiale (incluant Sido) était si parfait mais fragile qu’il fallait le protéger à tout prix
“Un homme” -> Expression encore plus générale et lointaine pour désigner son père -> regard de Colette semble extérieur -> comme si ses parents étaient des personnes qu’elle observait sans jamais les avoir connu
“banni des éléments qui l’avaient jadis porté” -> Renforce l’idée d’un personnage en marge, rêveur et mystérieux -> amène également l’idée d’une chute à un moment de sa vie au cours duquel
les “éléments” cessèrent de le “porter” -> personnage qui porte en lui une blessure -> idée mise en valeur par l’apparition de l’adverbe “amèrement” qui revient dans la suite de
l’extrait
Mouvement 2 : La figure d’un père aimé : (l362 - l372)
“maintenant j’en suis sûre” -> La compréhension de la figure qu’est son père a pris du temps -> personnage complexe et mystérieux
“vraie forme” / “j’ai pénétré ce que ma jeunesse me cachait autrefois” -> Durant son enfance, son père a été comme une ombre insaisissable qu’elle n’arrivait pas à cerner -> pourtant elle l’aimait -> souvenirs heureux avec lui
Insertion d’un passage de discours direct -> Omniprésence de cette figure paternelle dans la réalité de Colette -> Souvenir encore vivant -> universalité de la figure de son père
“brillant” “allègre” VS “tristesse des amputés” -> Montre que Colette avait une image méliorative de la figure paternelle -> elle l’aimait profondément + père aimant qui cachait sa mélancolie profonde pour ne pas affecter ses enfants => début d’explication du mystère qui entoure son père
“Nous n’avions presque pas conscience qu’il lui manquât (...) une jambe” -> amour infini et aveugle de sa famille pour ce père + accentue la solitude de ce personnage qui semble devoir faire face de manière isolée à sa souffrance
Mouvement 3 : Un mari amoureux et courageux
Passage au point de vue de Sido -> homme “preste” , “rayonnant d’insolence amoureuse” -> homme amoureux qui s’oublie par amour -> admiration du mari pour sa femme qu’il aimait
Idéalisation de l’homme avant son mariage : “Saint-cyrien, beau danseur, lieutenant solide” -> aspect caché de son père dont ni elle ni Sido n’avaient conscience -> accentue cette solitude du père -> lui aime Sido pour sa réelle valeur alors que lui n’est aimé que pour une illusion de lui-même
“le plus ailé de lui-même s’élançait encore lorsqu’assis et sa chanson suave aux lèvres, il restait aux côtés de Sido” -> homme vit la vie dont il rêvait à travers la figure de Sido -> impression d’un amour à sens unique -> lui ne vit que pour elle mais elle ne vit que pour la nature -> image d’un couple qui ne se comprend pas -> le mari oublie sa souffrance pour sa femme -> amour ultime
“L’amour et rien d’autre… Il n’avait gardé qu’elle” -> L’amour = seule source de bonheur restante pour ce père mutilé -> négation restrictive met en valeur ce caractère exclusif de l’amour comme remède à toutes les souffrances -> met en place l’image du couple parfait formé par ses parents -> l'amour de l’autre comme moyen de surmonter toutes les épreuves.

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